2015 fin des quotas en Europe

Gepubliceerd op vrijdag 29 maart 2013 tot 16:39

Gérer c’est prévoir et notamment la production laitière

 

 

Professeur Christian Hanzen
Synthèse d’une communication faite par Baptiste Lelyon
(Economiste à l’Institut de l’Elevage) lors d’une récente réunion de consensus
organisée par la société Zoetis (ex Pfizer).
 

Atouts des pays producteurs européens

La décision de la  commission européenne de mettre fin en 2015 à  la politique des quotas laitiers mise en place en 1984 va raisemblablement bousculer le paysage laitier européen. L’Europe affiche ainsi clairement sa volonté de lancer ses producteurs sur le marché mondial du lait (cette production était en 2011 de 610 millions de tonnes et de 149 millions de tonnes pour l’Europe des 27). Bien entendu cette libéralisation du marché va induire une concurrence entre les états européens. Cette crainte au demeurant justifiée ne doit pas faire oublier l’opportunité réelle que constitue l’augmentation attendue de 15 milliards de litre par an entre 2010 et 2020. Cette augmentation résulte bien entendu de l’augmentation de la population mondiale (3,1 milliards entre 1970 et 2010 auxquels s’ajouteront 2 milliards de plus en 2050) mais également du fait que davantage de personnes en Extrême et Moyen-Orient, en Amérique du Sud et en Afrique du Nord consomment davantage de lait et de produits dérivés (30 kgs par personne et par an en Chine, 95 kgs en Inde, 260 kgs aux USA et 310 kgs en France).

Bien entendu tous les pays européens ne sont pas logés à la même enseigne. Le nombre de vaches laitières est fort différent selon les pays (Figure 1) tout comme la part relative à la collecte totale de lait (138 milliards de litre en 2011) (Figure 2). L’Allemagne est le plus gros producteur européen (29,3 milliards de litres produits en 2011). Elle a encouragé le développement de grandes unités de production au Nord et de petites au Sud. Elle a favorisé le développement d’unités de productions de biogaz (60 % des 7500 actuelles se trouvent dans des fermes) assurant ainsi aux éleveurs des revenus supplémentaires. La médaille a un revers à savoir le fait que 850.000 ha de maïs (40 % de la production nationale) sont dévolus à ces unités. Le prix des terrains augmentent donc. La France est le second plus gros producteur européen. L’extensification caractérise la production laitière française. Elle est de 4000 litres par ha contre 8.800 litres et 11.500 litres respectivement au Danemark et aux Pays-Bas. Les producteurs laitiers français pourraient sans grand investissement complémentaires augmenter leur production de 20 %. Cinq sociétés françaises font partie des 20 plus grandes entreprises laitières au monde (Lactalis, Danone, Sodiaal, Bongrain et Bel). Le choix va donc se poser aux producteurs : passer contrat avec ces firmes ou au contraire livrer leur production (50 %) aux sociétés coopératives ?  Par manque de dynamisme, l’Angleterre a une capacité limitée d’augmenter sa production. L’âge moyen élevé des producteurs (28 % sont âgés de plus de 60 ans) n’y est pas étranger. Par ailleurs, il semblerait que les jeunes éleveurs préfèrent labourer que traire. Peut-être l’opportunité viendra de l’extérieur puisque deux sociétés laitières anglaises viennent d’être rachetées l’une par une société scandinave (Arla Foods) et l’autre par une société allemande (German Müller). Les Pays-Bas et le Danemark se caractérisent par une production déjà très intensive. Leur production est livrée pour 80 % à Friesland Campina aux Pays Bas et pour 90 % à Arla Foods au Danemark. Monopole, vous avez dit monopole ? La marge de progrès est étroite. En effet, les surfaces disponibles sont réduites et la réglementation environnementale (nitrates, phosphates et ammoniac) draconienne. Il est même question aux Pays-Bas de limiter à 400 voire 500 le nombre de bovins par ferme. L’Irlande table sur une augmentation de 50 % de sa production d’ici en 2020. Ce pays produit 4 fois plus que sa consommation et exporte 80° % de sa production. Il est vrai que ce pays n’est pas dénué d’avantages. Le climat y est propice aux ressources fourragères qui opar ailleurs occupent 90 % de la surface totale. Les accouchements y sont par conséquent fort saisonniers ce qui contribue à réduire les coûts de production. Cependant l’industrie laitière devra procéder à de très gros investissements pour pouvoir répondre à l’augmentation de la production. Et les autres pays ? L’Italie a mis en place une nouvelle directive relative aux nitrates. La production fromagère est tenue de respecter un cahier des charges très draconien. L’Espagne pourrait augmenter considérablement sa production si les sociétés laitières procédaient aux investissements indispensables et si elle était davantage présente sur le marché mondial. La Pologne continuera d’augmenter sa production mais pour répondre aux besoins de sa population.

Effets de la libéralisation de la production laitière européenne sur l’élevage

La fin des quotas laitiers va sans doute accélérer l’augmentation du nombre de vaches laitières par exploitation. En Belgique ce nombre était de 34,8 en 2001 et de 58,5 en 2010. Pour comparaison, ces chiffres étaient aux Pays Bas de respectivement 51,8 et 78,7, en France de 34,6 et de 49,5 et en Allemagne de 34,5 et 50,2. Cette augmentation va rendre plus difficile la possibilité d’avoir des vêlages saisonniers tels qu’observées au printemps et en automne pour valoriser respectivement les productions fourragères et les ensilages de maïs. Cette situation se trouve confirmée par le fait que depuis 1997 la production laitière est de moins en moins saisonnière. La mécanisation et l’innovation devront être au rendez-vous pour assurer la pérennisation de l’outil. La taille des troupeaux augmentant, la surface des pâtures va diminuer et la spécialisation augmenter. On pourrait donc voir comme en Nouvelle Zélande mais également en Irlande, au Danemark ou aux Pays-Bas de plus en plus d’éleveurs qui vont confier à d’autres le soin d’élever leurs génisses de remplacement. D’une manière générale, les vaches européennes ont une valeur génétique très équivalente en ce qui concerne leur capacité à produire du lait, la production augmentant en moyenne de 75 à 100 kgs par vache et par an. Les différences phénotypiques sont bien entendu réelles. Elles ont surtout imputables aux pratiques d’élevage et aussi aux performances de reproduction. En France, l’intervalle de vêlage moyen des vaches Holstein était de 390,2 jours. Il est passé en 2011 à 404,6 jours. Semblable augmentation a été observée pour d’autres races laitières comme la Montbéliarde et la Normande (Figure 3). On peut y voir la volonté des éleveurs d’augmenter la durée de la lactation. On peut aussi envisager de la prolonger davantage encore. Les biotechnologies et la génomique vont également offrir aux éleveurs d’autres potentiels d’amélioration par un recours plus intensif au sperme sexé sur les meilleures de leurs vaches quitte à faire du croisement industriel sur les moins bonnes.

Observations

Time is changing et donc que peut faire la profession vétérinaire ? Il nous semble que plus que jamais, la réduction des coûts de production doit constituer une priorité. Définir les objectifs, noter et quantifier, contrôler les performances, les traduire en Euros constituent des stratégies d’encadrement des éleveurs qui plus que jamais sont d’actualité. La médecine de troupeaux nous offrira le cadre pour rendre la photo plus belle encore.


 


 
  

 

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