Observatoire de la santé mammaire

Publié le dimanche 22 avril 2012 à 17h42

Consciente des pressions d’un commerce international de plus en plus concurrentiel mais aussi des exigences des consommateurs en matière de sécurité alimentaire, la Belgique a rapidement intégré les standards sanitaires de production laitière en proposant aux éleveurs d’adhérer à un système d’agréation tel le système Qualité Filière Lait (QFL) et en introduisant un système de pénalité financière basé sur un taux cellulaire de tank de 400.000 cellules / ml. Cette stratégie aussi méritoire soit-elle ne permet cependant pas de penser que la mammite est un problème d’élevage qui appartient au passé. Force est de reconnaître que cette pathologie constitue encore et toujours ce qu'il est convenu d'appeler une "maladie de production". On peut y voir plusieurs raisons. De très nombreuses études ont en effet confirmé le fait que cette pathologie revêt une origine multifactorielle : les causes doivent en être trouvées au niveau des germes, de l’animal ou de l’élevage. Par ailleurs, cette pathologie revêt plus que par le passé un caractère subclinique : cela démontre la nécessité de mettre en place des systèmes de contrôle et de suivi régulier, la détermination des taux cellulaires au niveau de la vache ou du troupeau en constitue un exemple essentiel. Enfin, il nous faut insister sur un troisième aspect à connotation sociologique. Compte tenu de la multiplicité de ses activités, l’éleveur confronté à une telle pathologie éprouve de plus en plus de difficultés à faire la synthèse et donc le choix d’une stratégie optimale face à un tel problème récurent parce que journalier et continu.

Les objectifs de l'OSAM sont :

  1. de mettre en place, de structurer et de développer un réseau pluridisciplinaire de compétences scientifiques et techniques dans le domaine de la santé mammaire,
  2. de constituer un instrument scientifique et technique au service des éleveurs laitiers et des vétérinaires pour les accompagner dans la  maîtrise des infections mammaires dans leurs élevages, 
  3. d'organiser et de dispenser toute forme de formation continue pour les personnes concernées par la santé mammaire des vaches laitières,
  4. de rédiger des projets d'étude de la santé mammaire. C'est à ce titre qu'un projet d'étude écopathologique des facteurs de risque des mammites a été introduit auprès de la Région Wallonne. Le but en est de constituer une base de données relatives aux pratiques et à l'environnement de traite d'un nombre représentatif d'élevages laitiers wallons confrontés ou non à un problème de mammites. L'analyse de ces données permettra d'identifier de manière plus précise les facteurs de risque liés aux mammites et de formuler les recommandations appropriées qu'elles soient de nature préventive ou curative.

Plus concrètement, l'OSAM a défini un outil et une stratégie d'approche des élevages confrontés à des mammites à savoir le Suivi de Santé Mammaire (SSM). Le Suivi de Santé Mammaire consiste en une approche fédératrice, régulière et globale d'une exploitation confrontée à un problème de mammites. Fédératrice parce qu'elle fait appel aux diverses compétences nécessaires à la résolution du problème qu'elles relèvent de l'éleveur, du vétérinaire d'exploitation, du technicien d'élevage ou du laboratoire. Régulière car comme pour un suivi de reproduction, elle s'envisage au travers de plusieurs visites de l'exploitation et des animaux pendant et en dehors des moments de traite. Globale parce qu'elle met en place une approche multifactorielle. Classiquement en effet les mammites relèvent de trois grands groupes de facteurs : les bactéries, l'animal et l'élevage. Un diagnostic ne peut être posé que si les trois groupes sont pris en considération. L'approche multifactorielle s'est concrétisée par la mise au point d'un Audit de Santé Mammaire (ASM) qui a pour but dans un premier temps de faire un inventaire aussi exhaustif que possible des aspects positifs et négatifs des conditions de production laitière. Elle se complète par la collecte de données cellulaires et bactériologiques, par une analyse dynamique et statique de l'installation de traite.
Le cahier des charges du SSM prévoit sur une période de 6 mois quatre visites de l'exploitation, la première dédiée à l'ASM, la seconde à des prélèvements ciblés de lait en vue de réaliser des analyses bactériologiques, la troisième pour contrôler les procédures de traite et la quatrième pour vérifier l'efficacité des mesures préconisées. Ces visites sont organisées en collaboration avec l'éleveur et le vétérinaire de l'exploitation.

Cette approche est tout à fait innovatrice dans le contexte wallon. Elle est par ailleurs complémentaire à la philosophie développée dans le cadre du système QFL.

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